Ce message est écrit uniquement pour me donner une contenance.

Mon voisin, qui depuis quelque temps déjà jette des regards lubriques sur ma personne, alors qu'il vit en compagnie d'une jeune femme, est en train de me regarder et de me faire des signes depuis son balcon. Bien sûr, je suis en mini-jupe et en pull informe.

J'espère juste qu'il n'était pas déjà là au moment où je n'avais PAS ENCORE de jupe.

# Posté le jeudi 14 mai 2009 14:00

Il est des fois où la superficialité de l'âme féminine me sidère.


Voyez-vous, je traverse une des pires phases de déprime de toute ma vie. Je vais enfin pouvoir faire ma gothique et le faire bien, pensez-vous, et je sais pertinemment que dans le fond vous avez raison. Je vais être détestable et vindicative, je vais cracher mon mépris à la figure de la société, haïr mes camarades qui me comprennent si mal et me complaire dans mes froufrous noirs jusqu'à ce que mort s'ensuive. Et je ne plaisante presque pas. Je porterais le deuil de ma vie, comme le dit si bien cet auteur russe que je n'ai pas lu et que je n'ai pas l'intention de lire.
Mais pourquoi tout ce cinéma, me direz-vous? Et bien parce que là, tout de suite, maintenant, tout fous le camp. Je sors tout juste d'une semaine de grippe assez mal soignée à mon goût, qui m'a laissée encore plus blafarde qu'a l'habitude. J'ai découvert par la suite que cette chose ronde qu'était mon ventre avait quasiment disparu, laissant juste place à une graisse lisse et propre. Une chose en entrainant une autre, je n'ai pu me mêler à des activités sociales aussi banales que manifester, sortir avec les rares camarade de classe pour lesquels j'éprouve du respect et fêter l'anniversaire d'une de mes vieilles amies de seconde. Constat déjà décourageant. Mais le pire était à venir et je ne le savait pas. Jeudi soir, le dernier grand-parent qui me restait est mort. Et encore à cause de cette foutue grippe, je n'ai pas pu lui rendre visite la semaine qui a précédé la fin de sa vie. Je m'en veux horriblement. Pire encore: en tant que seule et unique petite fille, j'ai dû écrire un semblant d'éloge funèbre, qui m'a fait me rendre compte d'une chose. J'ai toujours été terriblement conne face à la mort. J'ai toujours pensé que lorsque quelqu'un mourrait, on écrivait des choses gentillettes et mielleuses à son sujet parce que c'était comme ça, qu'on ne pouvait pas souiller un mort, que Jésus n'aime pas ça, et ce genre de conneries. Puis j'ai découvert en composant le mien que quand quelqu'un qu'on aimait vraiment et profondément vient juste de mourir, on est tout simplement incapable de se rappeler du mal qu'il a pu faire. Du coup, je me retrouve là, mes convictions balayées, une partie de ma jeunesse envolée et un père à moitié dépressif sur les bras.
Et qu'est-ce que je fais, après tant de malheurs et de découragement? Et bien je me met de l'eye-liner. Parfaitement. Telle la parfaite petite apprentie Amy Winehouse, je me tartine les yeux d'une substance noirâtre qui me donne l'air d'une prostituée de bas étage.


J'avoue que je ne sais plus très bien que penser de moi-même.

# Posté le samedi 31 janvier 2009 10:17

Dans les Simpsons, Dieu est le seul à avoir cinq doigts.

Ca y est. Je suis misanthrope.

Voyez-vous, il se trouve qu'un de mes plus chers amis fête ce soir son anniversaire. Or, ma prévoyance a toute épreuve ayant fait son office, il fallait absolument que je lui trouve un cadeau dans les plus brefs délais, c'est à dire entre la fin de ma colle de géographie (l'humour particuliers des profs de prépa l'ayant placée en toute fin de journée, et ce le jour même des vacances) et 18h30, dernier délai pour la villageoise dépendante que je suis. Sauf que j'avais oublié qu'en ce saint jour de vendredi, la ville de Besançon avait eu la merveilleuse idée d'organiser une braderie géante, manifestation chère au c½ur de chaque citadin, puisque comme chacun sait, une braderie, ça sert à 1) vendre un tas de cochonneries inutiles de qualité douteuses 2) se perdre en bus, le trajet habituel auquel nous sommes si bien habitué étant brutalement transformé 3) rendre toute circulation à pied tout à fait impossible, la foule brisant toute tentative de marcher à plus de 0,5 km/h et enfin, 4) remplir le centre ville d'habitude si bourgeois de jeunes filles à l'accent banlieusard étudié et de jeunes hommes du même genre, ainsi que de Bidochons ambulants et sans pudeur qui n'hésitent pas à examiner au grand jour des petites culottes de fausse dentelles taille 44. Et ce qui fit de ce parcours du combattant une épreuve de force morale, c'est que je portait ce jour là des collants vert fluo à fleurs oranges.
Je sais, je n'aurait pas dû. Mais comprenez-moi: depuis trois ans, je fréquente un lycée littéraire (donc ouvert d'esprit)(dans la limite des stocks disponibles), et je me suis habituée à porter toutes sortes de frusques, laissant libre cours à ma liberté d'expression. Or, un jour d'affluence de ce type, s'exprimer vestimentairement devient un enfer. Chaque coin de rue grouille de petites pétasses en tous genres, qui n'hésitent pas à éclater d'un rire goguenard dès qu'un individu qui ose affirmer son libre-arbitre croise leur chemin. Sans oublier les commentaires divers, du genre "'tain, j'oserais pas sortir comme ça", qui donnent une idée du nombre de neurones présents sous la boite crânienne des dites demoiselles. De même, les vendeurs, de parfaits exemplaires de "beaufs des marchés", ne peuvent s'empêcher de vous regarder de travers, voire de vous montrer par leur expression à quel point ils vous trouvent ridicule. Il y a aussi l'autre versant, celui des "je-suis-cool-et-compréhensif", qui ne peuvent s'empêcher de dire très fort, pour bien montrer à quel point ils sont justement, cools et compréhensif que, wouah, ils adorent vos collants. A moins que ceux-ci aussi soit ironiques, mais j'essaie de croire en un monde où il existe encore des gens ouverts. En tout cas, pour une raison qui m'échappe, ce comportement met presque autant mes nerfs à l'épreuve que le premier.

Bref, si un jour vous voulez tester votre résistance à la société, allez vous habiller, et faites les marchés.

Mépris de l'humanité garanti.

# Posté le samedi 25 octobre 2008 04:43

Modifié le samedi 25 octobre 2008 09:14

Je suis absolument, merveilleusement, fantastiquement hystérique.


J'ai revu mon prof de grec de seconde. Lui. LE prof de Grec. Celui qui m'a fait découvrir qu'il manquait quelque chose à ma vie et qu'il était impossible de trouver le bonheur sans connaître la déclinaison de λογός.

Et mieux encore: il m'a RECONNUE!

Bon, je vous explique (bien que vous n'en ayez strictement rien à cirer). Voyez-vous, nous, grands hypokhâgneux, pour la plupart fumeurs et/ou allergiques au sport, avons droit tous les ans à une journée de randonnée pour fêter le début de l'année... Organisée par les profs. Non, ce n'est pas du bizutage, loin de là. C'est pour nous faire "plaisir" et être "gentil". Et le fait est que Mr H., feu mon sacro-saint professeur de Grec, était là. Lui. En personne, et même qu'il s'était laissé pousser un peu de barbe. J'ai faillit défaillir d'émotion quand j'ai reconnu son crâne chauve dans le lointain. Malheureusement, ma timidité naturelle n'aidant pas (et surtout la culpabilité d'avoir séché son ultime cours de grec pour profiter de mes derniers instants de seconde avec mes camarades*) m'empêchèrent d'aller lui parler dès le premier abord. Cruel tourment de mon âme - qui, rassurez-vous, s'évapora dès les premiers instants de la première montée. Mais le fait est que durant toute cette longue journée de flagellation, la pensée qu'il était là, tout près, celui qui trouva un sens à ma vie, me donnait la chair de poule. Et puis, enfin, après 6h d'intense activité sportive et de découverte de mes petits camarades sous un nouveau jour (habillés comme des sac à patates, rougeauds et transpirants), il se présenta enfin à moi, seul et dés½uvré. La groupie que je suis se jeta sur l'occasion. Et enfin, je connus la félicité: il se souvenait de mon prénom, et même un peu de moi. Pire encore: nous devisâmes pendant au moins 15 minutes, 15 minutes durant lesquelles j'appris entre autre que les lettres classiques ont une fâcheuse tendance à se reproduire entre eux, et aussi qu'il était l'instigateur de cette fameuse journée de marche...


Depuis, je nage dans l'extase.

*NdA: maintenant, vous savez pourquoi je me refuse à manquer un cours de façon volontaire. Le traumatisme infligé par cette immonde trahison m'a marquée à vie.

# Posté le mercredi 17 septembre 2008 11:54

Modifié le dimanche 21 septembre 2008 12:14

Rentrée.

Deux constatations s'imposent: c'est génial, et on va tous mourir.


C'est génial, parce que c'est les cours les plus intéressants que j'ai eu de toutes ma vie d'errance. On y apprend toutes ces petites choses dont le monde entier se fout envers et contre tout, mais qui sont, dans le fond, les seules choses qui aient un véritable intérêt. Par exemple, les raisons du "s" au pluriel, ou pourquoi c'est mieux d'être un historien qu'un archéologue (selon les profs d'histoire) et pourquoi c'est mieux d'être un archéologue qu'un historien (selon les archéologues), ou encore le fait que les américains aient utilisé la thèse d'un belge obscur pour bombarder les rizières du Tonkin au bon endroit pendant la guerre du Vietnam. Bref, que des trucs fabuleux.
Par ailleurs, le personnel pédagogique est bourré de petites attentions, telles que l'organisation d'une "marche d'intégration" (une rando, quoi) histoire que toute la classe fasse ami-ami avant que les choses sérieuses ne commencent, et même, en fin d'année, un voyage à Rome (enfin, si l'administration le permet), histoire qu'on ne parte pas avec un souvenir trop déchirant. Les khâgneux aussi sont au petits soins, nous ayant déjà conviés à une "soirée d'intégration obligatoire" (comprendre: pique-nique alcoolisé devant le lycée un soir de septembre) et nous ont prévenus qu'il ne nous bizuteraient pas. Dommage.

On va tous mourir parce que les DS ont tous lieu le mercredi après-midi, qu'ils durent 5h et qu'ils consistent à faire des choses que même dans mes cauchemars les plus fous, je n'aurait jamais osé imaginer. La composition française, moi, rien que le nom et je sent mon cerveau exploser. On a aussi eu le test de début d'année en anglais, et franchement, je n'ai jamais vu un truc aussi dur. Il y a des mots, je savais même pas que c'était des faux amis. De toutes façons, je savais même pas que c'était des mots. Et si quelqu'un peut me dire comment on traduit "il régnait une atmosphère brumeuse", je lui en serait fortement reconnaissante.
Les colles aussi ont l'air de relever du délire d'un esprit machiavélique, même si, ô joie, mon prof d'histoire adoré de l'année dernière s'en charge (enfin, en ce qui concerne sa matière). Il n'empêche que, celle de culture générale bénéficiant exceptionnellement d'une semaine de préparation au vu de sa difficulté, je ne suis pas rassurée DU TOUT.


Alors, avant que les crises d'angoisse ne me terrassent, sachez que je vous aime.


PS: Non, j'ai pas réussi à traduire l'atmosphère brumeuse. Justement.

# Posté le samedi 06 septembre 2008 04:23

Modifié le lundi 08 septembre 2008 11:08