Ca y est. Je suis misanthrope.
Voyez-vous, il se trouve qu'un de mes plus chers amis fête ce soir son anniversaire. Or, ma prévoyance a toute épreuve ayant fait son office, il fallait absolument que je lui trouve un cadeau dans les plus brefs délais, c'est à dire entre la fin de ma colle de géographie (l'humour particuliers des profs de prépa l'ayant placée en toute fin de journée, et ce le jour même des vacances) et 18h30, dernier délai pour la villageoise dépendante que je suis. Sauf que j'avais oublié qu'en ce saint jour de vendredi, la ville de Besançon avait eu la merveilleuse idée d'organiser une braderie géante, manifestation chère au c½ur de chaque citadin, puisque comme chacun sait, une braderie, ça sert à 1) vendre un tas de cochonneries inutiles de qualité douteuses 2) se perdre en bus, le trajet habituel auquel nous sommes si bien habitué étant brutalement transformé 3) rendre toute circulation à pied tout à fait impossible, la foule brisant toute tentative de marcher à plus de 0,5 km/h et enfin, 4) remplir le centre ville d'habitude si bourgeois de jeunes filles à l'accent banlieusard étudié et de jeunes hommes du même genre, ainsi que de Bidochons ambulants et sans pudeur qui n'hésitent pas à examiner au grand jour des petites culottes de fausse dentelles taille 44. Et ce qui fit de ce parcours du combattant une épreuve de force morale, c'est que je portait ce jour là des collants vert fluo à fleurs oranges.
Je sais, je n'aurait pas dû. Mais comprenez-moi: depuis trois ans, je fréquente un lycée littéraire (donc ouvert d'esprit)(dans la limite des stocks disponibles), et je me suis habituée à porter toutes sortes de frusques, laissant libre cours à ma liberté d'expression. Or, un jour d'affluence de ce type, s'exprimer vestimentairement devient un enfer. Chaque coin de rue grouille de petites pétasses en tous genres, qui n'hésitent pas à éclater d'un rire goguenard dès qu'un individu qui ose affirmer son libre-arbitre croise leur chemin. Sans oublier les commentaires divers, du genre "'tain, j'oserais pas sortir comme ça", qui donnent une idée du nombre de neurones présents sous la boite crânienne des dites demoiselles. De même, les vendeurs, de parfaits exemplaires de "beaufs des marchés", ne peuvent s'empêcher de vous regarder de travers, voire de vous montrer par leur expression à quel point ils vous trouvent ridicule. Il y a aussi l'autre versant, celui des "je-suis-cool-et-compréhensif", qui ne peuvent s'empêcher de dire très fort, pour bien montrer à quel point ils sont justement, cools et compréhensif que, wouah, ils adorent vos collants. A moins que ceux-ci aussi soit ironiques, mais j'essaie de croire en un monde où il existe encore des gens ouverts. En tout cas, pour une raison qui m'échappe, ce comportement met presque autant mes nerfs à l'épreuve que le premier.
Bref, si un jour vous voulez tester votre résistance à la société, allez vous habiller, et faites les marchés.
Mépris de l'humanité garanti.